5-Se divertir

Découvrir la fabrication artisanale du papier

 

Je voulais faire découvrir le moulin à papier de Brousses-et-Villaret. Situé à quelques dizaines de kilomètres de Carcassonne, il transmet le savoir-faire de la fabrication du papier à l’ancienne. Etant une grande fan des sites qui permettent de comprendre les méthodes de travail artisanales et traditionnelles et travaillant moi-même dans un moulin à papier, cette visite à des confrères ne fut qu’émerveillement !

Moulin à papier de Brousses et Villaret

(c) moulin à papier de Brousses

L’activité papetière est installée dans ce moulin depuis 1698 et s’y était arrêtée en 1981. Puis une association s’est créée en 1993 pour entreprendre la restauration du site et en faire un lieu de découverte, d’initiation, de création et de fabrication.

En France, l’activité de fabrication de feuilles de papier grâce aux moulins hydrauliques s’est installée vers le 14ème siècle. Ce savoir-faire s’est transmis lentement mais sûrement depuis la Chine (qui, elle, fabrique du papier depuis le 1er siècle ap.JC !).

Mais avant toute chose, qu’est-ce que le papier?

C’est un amalgame de fibres de cellulose plus ou moins longues, qui sont issues des plantes et des arbres. Pour cela, on doit donc broyer et réduire les matières premières (chiffons de lin, chanvre et coton, puis rondins de bois, ou recyclage de papiers) à l’état de fibres, afin ensuite de les entremêler à nouveau pour former des feuilles. Dans un moulin à papier, on fait donc le travail de défibrage des matières, on fabrique de la pâte à papier, et enfin les feuilles. On mélange différentes cellulose afin d’obtenir une harmonie entre les fibres longues (solidité) et les fibres courtes (opacité).

***

Alors déjà, rien qu’arriver sur le site vaut la peine… Un écrin de verdure, un cours d’eau, et le moulin en surplomb… Un cadre juste magnifique.

 

731

746

Une petite terrasse bien aménagée à l’ombre.

747

C’est donc l’énergie hydraulique qui était au départ utilisée pour faire fonctionner les machines.

Ici, une roue à augets (l’eau tombe par le haut de la roue, à la différence d’une roue à aubes, où l’eau coule par en dessous)

751

752

Entre le 14ème siècle et le 18ème on utilisait donc les chiffons pour fabriquer le papier, c’était une source inespérée de fibres de très bonne qualité. En effet, les chiffons ayant été lavés et relavés, les fibres végétales sont débarrassées de toute impureté, c’est de la cellulose pure.

 848

847

Aujourd’hui, la cellulose issue de l’industrie se trouve en plaques qui ressemblent à du carton.

Les chiffons étaient triés et découpés en petits morceaux, débarrassés des boutons, coutures etc. puis mis à tremper et à fermenter dans une cuve pleine d’eau (le pourrissoir).

849

  La premier mécanisme inventé pour défibrer les chiffons s’appelle les piles à maillets : de gros marteaux ferrés de clous et lames qui frappaient sans relâche la matière.

Un travail extrêmement long (plusieurs jours dans chaque cuve).

850

grandeur nature

Ici des meules de 3tonnes qui broient les tissus.

768

Après les piles à maillets, on a utilisé la pile hollandaise, plus rapide et productive.

851

772

pile hollandaise électrique

Des pâtes à papier qui sortent de la pile hollandaise ! Les tissus et cellulose ont été triés par couleurs, ce qui donne des pâtes colorées.

773

La pâte est ensuite rediluée dans une cuve (seulement 3à 5% de fibres, le reste c’est de l’eau!). On récupère les fibres avec un tamis, l’eau s’écoule par en dessous. C’était le travail d’un ouvrier qu’on appelait l’ouvreur.

852

On dépose la couche de fibres sur un feutre (c’est le travail du coucheur), puis on recommence. Jusqu’à former des piles de 100 feuilles et feutres.

853

763

774

La pile (ou « porse ») est pressée pour extraire la plus grosse partie de l’eau

775

Le leveur retirait chaque feuille de son feutre et les mettait à sécher.

854

On peut coucher les feuilles entre un feutre et un voile d’étendage, celui-ci sera suspendu et le papier sèchera sur le voile.

767

le séchoir

Après séchage, le papier subissait des étapes de finition, car il était alors brut et rêche. Pour l’imperméabiliser (et éviter l’éffet buvard) on le baignait dans un mélange à base de gélatine, puis on le faisait à nouveau sécher. Enfin, la pile de papiers secs était à nouveau pressée pour satiner et lisser le grain.

https://i2.wp.com/www.moulinapapier.com/images/stories/feuilles-multicolores.png

(c) moulin à papier de Brousses

Il y a encore mille choses et détails à dire sur la fabrication artisanale de papiers, alors si vous habitez à proximité d’un ancien moulin rénové (il y en a une dizaine en France) qui propose la visite, ou si  vous passez à côté pendant vos vacances, foncez ! On peut mettre la main à la pâte dans plusieurs d’entre eux et repartir avec sa petite production home made 🙂

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s